Jazz In Yverdon 6

Suite No. 6

1979

FESTIVAL IN YVERDON

le 29 octobre 1979

CHICAGO BLUES

with

Buddy GUY, guitar/vocal - Junior WELLS, harmonica
Phil GUY, gt/vcl - Kenny NEAL, bass - Roosevelt SNOW, dm.

Alt Buddy Guy Alt Roosewelt Snow Alt Junior Wells Alt Kenny Neal



Cette soirée de Blues fait partie intégrante d'une série de trois concerts: BLUES - JAZZ CLASSIQUE - JAZZ MODERNE présentés successivement les 28 - 29 - 30 octobre 1979 sous le titre de " JAZZ FESTIVAL IN YVERDON "
Malgré la qualité de l'affiche annonçant la présence de bluesmen de très grande classe, représentants du Chicago Blues authentique, ce concert n'eut pas le succès escompté. Notre public, toujours présent à l'annonce des soirées de JAZZ IN YVERDON n'a pas cru trouver l'ambiance préférée à l'annonce d'un concert de blues. Dommage, les absents ont manqués une excellente occasion de vivre quelques heures en direct dans l'ambiance torride qui est l'apanage du blues de Chicago, instants qui malheureusement ne se représenteront jamais.

FESTIVAL IN YVERDON

Le 30 octobre 1979

Lionel HAMPTON BIG BAND

Cat ANDERSON - Joe NEWMAN - Wallace DAVENPORT - Roy ROMAN: trompettes - Richard CARUZO - Curtis FULLER - James CLEVELAND - Kay WINDING: trombones - James TYLER - Budd JOHNSON - Paul MOAN - Cecil PAYNE - Paul JEFFREY: saxophones
Gary MAZZAROPPI, basse - Wild Bill DAVIS, piano
Richie PRATT, drums

Alt Budd Johnson Alt Lionel Hampton Alt Joe Newman Alt Arnett Cobb

Evidemment, seule la célébrité du nom de Lionel HAMPTON a suffi pour attirer un très grand public. Cette soirée s'est déroulée dans une ambiance folle. Ces nombreux amateurs avaient choisi la bonne carte. Une telle présence de grands noms du jazz était un vrai bonheur.
Lionel HAMPTON est un cas unique dans toute l'histoire du Jazz. Il peut "envoyer au ciel" durant des heures un public enthousiaste . Cet homme, pas un géant mais de taille moyenne, dégage un swing inouï. C'est tout d'abord un génie du vibraphone, il m'a jamais été égalé, il maîtrise les rythmes, "la batterie" instrument sur lequel il débuta, très jeune, vers 1916, Il avait alors 8 ans. il joue aussi du piano, dans un style "vibes" très personnel, avec ses deux index uniquement.
Il était âgé de 70 ans lorsqu'il monta sur la scène du Théâtre Municipal de notre ville. Sa présence était intacte, il n'avait pris aucune ride. Il anima son Big Band plus de deux heures durant, au vibraphone, à la batterie et au piano, selon la tradition. Il céda beaucoup de place à ses nombreux solistes, il avait le choix dans cette réunion de musiciens de premier plan. Il invita même un admirateur, un excellent saxophoniste genevois, je veux citer Loys Choquart qui se fit remarquer dans un long solo plein du fougue.

Un rêve pour les yeux, un régal pour les oreilles ! Que de noms prestigieux réunis en un seul soir!

FESTIVAL IN YVERDON

le 31 octobre 1979

Sonny STITT - Milt JACKSON

with

Alt Sonny Stitt

Alt Milt Jackson

Gerald PRICE, piano - Don MOSLEY, bass - Bobby DURHAM, drums

Cette magnifique soirée ne fut malheureusement pas fréquentée comme la totalité des précédentes. Les amateurs étaient encore sous l'influence de certaines critiques - le Modern Jazz Quartet ? C'est de la "musique de chambre". Cela n'est pas du jazz ? Milt Jackson ne pouvait donc être un vrai jazzman. Et pourtant, le recul aidant, on est bien tous unis pour reconnaître les grandes qualités, le swing et l'inventivité de ce grand musicien. Quant à Sonny Stitt, sa sonorité "étriquée" ne plaisait pas, comme bien des années auparavant celle de Lester Young!
C'est probablement ce qui a retenu le public à se réunir massivement. Il ne faut toutefois pas oublier que lors de l'avènement du Be Bop, au début des années 40, ce choc, la stupéfaction, la déception et le malaise que provoqua ce nouveau genre de musique. L'amateur de jazz traditionnel, moi en premier !! ne pouvait accepter cette mascarade, qui avait osé conserver le nom de jazz. Fini les belles phrases, plus d'émotion, plus de swing, seule une ribambelle de notes, exhibition et technique, si possible dans le suraigu du registre. Tout le monde voulait jouer comme Charlie Parker ou Dizzy Gillespie. Ainsi, ce qui avait pleinement participé à la grandeur du jazz avait disparu: LA PERSONNALITE qui était propre à chaque musicien et reconnaissable dès la première mesure. Je comprends donc la retenue des auditeurs, accoutumés du style "Hot" de nos programmes. La lecture des affiches les ont probablement effrayés!
Mais ils ont eu tort, on était bien loin de cette comédie. Ce concert fut d'une très grande qualité!

Concert

Yverdon, le 13 mars 1980

Arnett COBB et Guy LAFITTE
QUINTET

with
Roland HANNA p. - Jimmy WOODY b. - Eddie LOCKE - dr. Alt A.Cobb - E. Locke Alt A. Cobb G.Lafitte

Arnett COBB Guy LAFITTE deux saxophonistes de grande classe, s'exprimant dans un langage très différent. Cette diversité su apporter un attrait inhabituel mais passionnant, plein de gags, dans un langage toujours très jazz.
Arnett Cobb avait une personnalité à part entière, bien à lui, tout en puissance, rageur et swinguant avec parfois aussi une grande tendresse et beaucoup d'émotion. A quelques exceptions, durant les dernières années, on aurait pu lui reprocher d'abuser de longues acrobaties techniques en guise de clôture ou en début de thème.
Guy Lafitte par contre très inspiré du jeu de Coleman Hawkins, jouait d'une manière fort différente. Il possédait un jeu plus calme complété par une superbe sonorité, pleine et chaude. Lui aussi, dès les premières mesures, était très reconnaissable. Il avait acquis un personnalité bien implantée. Il pouvait rivaliser avec les plus grands. La soirée du 29 octobre fut le reflet de leur génie. Très bien épaulés par une excellente section rythmique, avec l'appui du drumming d'Eddie Locke, la subtilité du pianiste Roland Hanna et le volume et l'efficacité de la basse de Jimmy Woody, l'entente parfaite des deux ténors, les questions-réponses de ces deux saxophonistes furent pleinement appréciées par un public d'amateurs enthousiastes.


Alt Armstrong