Jazz In Yverdon

Suite No.15

1988- 1992

Yverdon, le 23 mars 1988

Concert

Whorehouse Pianos
Jay McShann - Ralph Sutton, p - Milt Hinton, g - Gus Johnson, dm

Mc Shann Gus Milt Hinton Shann

Les derniers des pianistes de bordel (suivez la lumière rouge!), c'est ainsi que se sont présentés les protagonistes de ce concert sur la scène du Théâtre municipal en ce mercredi 23 novembre 1988. Quatre vétérans du jazz, mais sur lesquels les ans ne semblent guére avoir d'emprise. Jay McShann, pianiste, 79 ans, Milt Hinton, bassiste, 78 ans, Gus Johnson, batteur, 75 ans, et le "gamin", Ralph Sutton, 66 ans, forment un quartet d'une homogénéité et d'un swing sans pareils. JAY McSHANN, qui est apparu à de nombreuses reprises dans notre pays, au Jaylin's de Berne, notamment, chef d'orchestre qui a laissé son nom dans l'histoire du jazz en étant le premier à engager dans ses rangs un dénommé Charlie Parker, a démontré qu'il était au sommet de son art, tant par son talent que par ses vocaux où sa voix nasillarde fait merveille. MILT HINTON, pour sa part, est certainement le bassiste qui a le plus enregistré au cours de sa longue carrière, et il a prouvé son énorme potentiel tant dans ses accompagnements qu'en solo, le tout étant souligné avec une une bonne humeur communicative. GUS JOHNSON fait partie de cette grande famille de batteurs qui n'existe plus aujourd'hui. L'oreille sans cesse aux aguets afin de ponctuer ou relancer ses compagnons, il se double également d'un soliste qui possède l'art de concentrer ses idées au minimum. Incroyable ce qu'un drummer est capable de dire en aussi peu de temps. RALPH SUTTON, de son côté, est l'un derniers descendants du style de Willie "The Lion" Smith, James P. Johnson et autres Fats Waller. Et c'est une merveille d'entendre ce grand musicien tant en solo qu'en duo avec "Hootie" McShann. Mais que dire de la verdeur et de l'enthousiasme dont ont fait preuve les quatre compères. Quelle leçon de swing et de jeunesse! Et que retenir d'une soirée aussi superbe? Le formidable duo de pianos sur "Little Rock Getaway" de Joe Sullivan? Le vocal de Jay McShann sur "Hootie Ignorant's Oil", ponctué par le rythme de Gus Johnson frappant de ses baguettes sur le rebord de la caisse claire? L'originale version de "Three Little Words", revisitée par Milton Hinton, bassiste qui se double d'un talent de photographe reconnu. Ou "Echoes of Spring", thème d'ne fraîcheur merveilleuse et intreprété de manière remarquable par Ralph Sutton? En ce fait, ce fut une soirée d'un bonheur parfait. Et qui a réjoui le coeur de tous les spectateurs accourus pour cette nouvelle réussite signée Jazzz in Yverdon. Une de ces soirées dont l'on ressort le coeur en fête, en ayant le sentiment d'avoir revu une grande parcelle de l'histoire du jazz grâce au passé illustre de ces quatre merveilleux musiciens.

Concert

Yverdon, le 3 mars 1989

A Taste Of New Orleans
Wanda Rouzan Brazile

with

Leroy Jones, tp - Eric Traub, ts - Papa Don Vapie, as - Philipe Parnel, p - George French, b . Stanley Stevens, dm.

Leroy Jones Wanda Eric Traub Ensemble

Pour un soir, le Théâtre Municipal d'Yverdon-les-Bains, a pris l'allure d'un cabaret de La Nouvelle-Orléans pour redécouvrir la musique de la Cité du Croissant. "A Taste of New Orleans" réunissait LEROY JONES, trompettiste quelque peu limité qui fait penser à Wallace Davenport; ERIC TRAUB, saxophoniste ténor honnête tenant bien sa partie dans les ensembles; PAPA DON VAPPIE, au banjo, auteur d'un remarquable solo de guitare sur "Caldonia"; PHILIPPE PARNELL, qui s'est contenté d'accompagner la petite troupe avec un tempo solide; GEORGE FRENCH, chanteur plaisant sur le gospel "Over in theGloryland"; STANLEY STEVENS, batteur poussant agréablement son entourage. Ce petit groupement sans prétention a eu l'intelligence de faire découvrir tous les aspects de la musique de La Nouvelle-Orléans. Tant le jazz, que le blues, que le rhythm and blues que le gospel. Il faut dire que cette soirée a surtout été rendue fort agréable par la présence, ô combien dynamique, de la chanteuse WANDA ROUZAN BRAZILE. Quel pep, quel punch chez cette femme, fort agréable à regarder, ce qui ne gâche rien, et qui a toujours su relancer par ses pas de danse et sa formidable présence ses sompagnons. Si cette soirée n'a pas laissé de souvenirs impérissables, elle nous aura permis de découvrir une chanteuse au talent certain. Dans cette ambiance cabaret, où un nombreux public s'était déplacé, elle a été fort appréciée.

Concert

Yverdon, le 9 mai 1990

Dave Bartholomew Band

with

Willie Singleton - Stanley Cole, tp - Warren Bell, as
Amedée Castenell, ts - Wardell Quezerque, ts
Justin Adam, g - Charles Moore, b - Bernard Johnson, mdr
Carolyn Williams, vcl.

Après Wanda Rouzan Brasile une année plus tôt, le Théâtre municipal d'Yverdon-les-Bains, acceillait un autre personnage réputé de La Nouvelle-Orléans, le trompettiste Dave Bartholomew et son orchestre. Fidèle compagnon du pianiste et chanteur Fats Domino durant moult années, celui-ci se présentait dans un contexte où il avait enfin l'occasion de donner la pleine mesure de ses moyens. Entouré d'une formation composée d'éléments pratiquement inconnus des amateurs de la région, et qui ne comprenait aucun trombone, Dave Bartholomew a montré ses qualités à la trompette. Certes, on aurait aimé l'entendre plus longuement sur cet instrument où il a donné sa pleine mesure sur des thèmes comme "Sugar Blues", interprété à la sourdine wa-wa dans la grande tradition de Cootie Williams, ou sur "Mack The Knife" où sa fort belle sonorité a fait merveille. Mais ce chef d'orchestre, qui se double d'un chanteur à la voix très swinguante et très agréable, est avant tout un showman. Il a mis en exergue la chanteuse Carolyn Williams, pleine de drive et très appréciée par le public. Les deux solistes ont même unis leurs voix pour passer en revue des thèmes chers à Fats Domino ou à Ike and Tina Turner. Et les souffleurs ont pris d'excellents solos, soutenus par des spectateurs très réceptifs, qui ont merveilleusement apprécié les versions de "Night Train, de "Stardust" ou "I'm Walkin'" lors de cette soirée éminemment sympathique.

Justin Bartholomew Carolyn

line

Concert

A Touch
Of
New Orleans

with

Lucien Barbarin, tb.
Henri Chaix, p - Alain Dubois, b - Romano Cavicchiolo, dm.
Thays Clark, vcl

Yverdon, le 13 septembre 1990

Barbarin Décidément, il était dit que la capitale du Nord vaudois continuerait à se mettre sur la voie de La Nouvelle-Orléans. Après Wanda Rouzan Brasile, après Dave Bartholomew, c'était au tour d'un musicien héritier d'un nom prestigieux dans la Cité du Croissant de se mettre en exergue, le tromboniste Lucien Barbarin. Intitulé "A Touch of New Orleans", ce concert réunissait ce jeune musicien particulièrement doué, une chanteuse fort agréable, Thays Clark, et une rythmique typiquement suisse romande, composée de Henri Chaix, au piano, Alain Dubois, à la basse, et Romano Cavicchiolo, à la batterie. Une petite chambrée seulement avait répondu présent à l'appel de Jazz in Yverdon. Selon la formule consacrée, une fois de plus les absents ont eu tort, car cette soirée a comporté nombre de moments fort intéressants. Avec Lucien Barbarin, pour commencer. Digne émule de Trummy Young et d'Al Grey, c'est un jeune homme talentueux qui s'exprime dans la grande tradition du jazz. Thays Clark, ensuite. Chanteuse que l'on découvrait pour la première fois en Europe. Voix superbe, timbre émouvant, alliant swing et subtilité, cette vocaliste a été une révélation pour tous. Et puis, il y avait la rythmique. Avec ce merveilleux musicien qu'est Henri Chaix, capable de s'assimiler à n'importe quelle circonstance tout en restant fidèle au style de ses maîtres. Il a fait montre de ses prodigieuses qualités entre autres sur "Handful of Keys" de Fats Waller, sur "After You've Gone" où il a fait se déchaîner l'orchestre dans son sillage. Avec deux rythmiciens de première importance, le solide Alain Dubois à la basse et ce fantastique moteur qu'est Romano Cavicchiolo , derrière ses tambours. Une de ces soirées où le jazz de grande classe était à l'honneur.

Barbarin Chaix Trio Trio Barbarin line

Alt Armstrong