Jazz In Yverdon

Suite No.14

1987 - 1989

Concert

Oliver Jackson Trio

with

Cash McCall, g - Cliff Smalls, p - Leonard Gaskin, b
Johne Forges, tap.
Yverdon, le 27 mars 1987

Small Oliver Jack1 McCall Gaskin Forges Tap

Petite chambrée que celle qui s'était déplacée pour cette nouvelle organisation de Jazz in Yverdon. Il est vrai que les spectateurs ont eu souvent l'occasion d'applaudir OLIVER JACKSON sur la scène du Théâtre municipal de la capitale du Nord vaudois. Mais, il faut laisser à ce diable d'homme le soin de nous faire découvrir des figures nouvelles de la musique noire américaine à chacun de ses passages dans nos régions. Cette fois-ci, non content d'emmener avec lui une rythmique avec laquelle il s'entend à la perfection, il avait choisi de présenter CASH McCALL, une révélation à la guitare, et un jeune danseur à claquettes, JOHNE FORGES, afin de prouver aux Européens que cet art qui florissait dans les années trente, avait toujours ses adeptes. Bien emmenée par ce merveilleux pianiste qu'est CLIFF SMALLS, à qui cette rencontre était dédiée, ce fidèle et solide pilier qu'est le bassiste LEONARD GASKIN, propulsée bien sûr par ce maître des peaux qu'est OLIVER JACKSON, la section rythmique a, une fois de plus, accompli un travail remarquable. Tant à l'accompagnement de Cash McCall, superbe guitariste de blues dans la lignée de B.B. King, chanteur honnête, mais qui sait par contre à merveille amplifier son instrument, qu'à celui de Johne Forges, qui s'est acquitté de sa tâche avec aisance, ses pieds créant des figures tout en élégance avec une mobilité folle. Son duo de claquettes avec Oliver Jackson, qui fut danseur dans ses jeunes années, a fait la joie des auditeurs. Et dans ses interventions, tant en solo qu'à l'accompagnement, Cliff Smalls a fait merveille. Beaucoup de spectateurs ont eu la révélation de ce pianiste étonnant au cours de cette soirée. Où, une fois de plus, les absents ont eu tort...


Concert
Linda Hopkins

with
Irvin Stokes, tp - Lee Allen, ts

Harold Brevis, p - PeterBrown, b - Peter Grant, dm

Echallens, le 12 février 1988

L.Hopkins Stokes Lee ;ee Stokes

Pour ce premier concert de l'année 1988, les amateurs de jazz se retrouvaient une nouvelle fois à Echallens où le Jazz-Club local, le Jazz-Club de Lausanne et Jazz in Yverdon s'étaient réunis pour accueillir à l'aula des Trois-Sapins la chanteuse LINDA HOPKINS, entourée d'un accompagnement qui lui convenait fort bien. Celui-ci était composé d'un trio ryhtmique avec lequel elle avait l 'habitude travailler. Au piano, HAROLD BREWIS, à la guitare basse, PETER BROWN, à la batterie, PETER GRANT. Un trio honnête et qui a accompli sa fonction à la perfection. Et puis, il y avait deux souffleurs - et non des moindres - puisque l'on a eu l'ocasion de réentendre ce remarquable trompettiste qu'est IRVIN STOKES, toujours aussi régulier et inspiré, ainsi qu'un nouveau venu sur la scène régionale, ce formidable saxophoniste ténor qu'est LEE ALLEN, musicien de La Nouvelle-Orléans et compagnon fidèle Fats Domino durant nombre d'années. Avec la présence dynamique de Linda Hopkins, la soirée s'est déroulée dans la bonne humeur la plus totale. Quel pep et quelle aisance! Souriante, exubérante, pleine d'humour, la chanteuse aux longs ongles a justifié sa présence dans des revues telles que "Bessie and Me", où elle tenait le rôle de Bessie Smith, ou dans "Black and Blue" où elle épaulait Ruth Brown et Sandra Reaves-Philips. C'est une véritable bête de scène que l'on a vu à l'oeuvre, à l'aise dans tous les tempos, aussi bien dans des standards comme "Trouble In Mind" ou "Route 66", ou des thèmes plus musclés comme "Every Day I Have The Blues", faisant donner le meilleur d'eux-mêmes aux solistes, Irving Stokes et Lee Allen nous offrant des moments superbes. On en veut, pour preuve, le splendide solo d'irvin Stokes sur "Route 66" ou celui de Lee Allen sur "One Scotch, One Bourbon, One Beer", pour ne citer que deux exemples. Et les amateurs, venus de tous les coins de la Romandie pour cet unique concert en terre helvétique, qui ont empli la salle jusqu'aux moindres recoins, n'ont certes pas regretté leur déplacement, celui-ci ne s'étant pas effectué dans les meilleures conditions, la neige et le verglas ayant rendu leur trajet extrêment difficile...

Concert

Jonah Jones Quintet

with

André Persiani, p - Dickie Thompson, g. - Stéphane Persiani, b - Clyde Lucas, dm

Yverdon, le 18 mars 1988

 CJ Jucas John Group Jones Persiani

Avoir la chance de voir et d'entendre ce monument du jazz qu'est le trompettiste JONAH JONES en terre romande, c'est véritablement un moment exceptionnel qu'offrait Jazz in Yverdon en ce vendredi 18 mars 1988. Et pourtant, la venue de cet extraordinaire musicien a causé quelques frayeurs aux organisateurs. Victime d'une chute dans sa baignoire, cet alerte jeune homme de 79 printemps ne semblait guère disposé à effectuer une tournée européenne, prévue de longue date. Mais il a tenu malgré tout à honorer son contrat. Atteint d'une lésion à un genou, il a du recourir à un court passage à l'hôpital yverdonnois. Une piqure et un pansement adéquats, dû à des mains expertes, et il était prêt à figurer sur la scène du Théâtre Municipal. Pour cette soirée mémorable, et quelle soirée! A part quelques thèmes où il a mis en valeur ses camarades, le trompettiste au swing fabuleux a sans cesse été au premier plan d'une rencontre riche en surprises. Pour l'accompagner, il avait fait appel à un de ses vieux compagnons qui avait tourné avec lui aux Etats-unis, le pianiste français ANDRE "PEPE" PERSIANI au solide tempo, ce merveilleux guitariste qu'est DICKIE THOMPSON, que l'on avait déjà eu l'occasion d'applaudir sur le scène du Théâtre yverdonnois, STEPHANE PERSIANI, fils de "Pépé", à la contrebasse et un autre musicien bien connu des fidèles du Nord vaudois, le batteur CLYDE LUCAS. Certes, Jonah Jones, au vu de son âge, ne possède plus les qualités et la virtuosité qu'il avait acquises à l'époque de ses enregistrements avec Stuff Smith ou lors de ses nombreuses sessions effectuées en quartette pour la marque Capitol. Il n'en reste pas moins qu'il a démontré qu'il avait encore de "beaux restes". Quelle vitalité et quel punch! Il faut dire que le soliste, machouillant son chewing-gum tout au long de sa prestation, a pu bénéficier d'un entourage qui lui convenait à la perfection. "Pépé" Persiany, copie conforme de Milt Buckner, nous a valu des moments intenses au piano. De même que Dickie Thompson, guitariste gaucher qui est vraiment la classe personnifiée. Sans oublier Clyde Lucas, fantastique moteur d'une machine parfaitement huilée. A l'heure du départ, Jonah Jones s'exprimait de manière réjouissante en soulignant qu'il avait rarement été soutenu par des spectateurs aussi enthousiastes. Il faut dire qu'il leur en avait donné pour leur argent, au vu de son extraordinaire présence, suivie dans une ambiance absolument fabuleuse!

Concert

Yverdon, le 29 mai 1988

New York Swing All Stars

with

Joe Newman, tp - Al Grey, tb & mellophone - Billy Mitchel, ts - Red Richards, p
Major Holley, b - Oliver Jackson, dm - Richard Boone, vcl.

Puisque l'organisateur de Jazz In Yverdon fêtait son septentième anniversaire ce soir-là, Georges Mathys avait prévu de proposer aux fidèles de ses concerts une soirée digne de cet événement. Il a réussi à réunir un NEW YORK ALL STARS, qui avait fort belle allure et qui regroupait un septette composé des meilleurs éléments alors en activité. A la trompette, on a retrouvé JOE NEWMAN. Certes, si ce musicien connaît des problèmes d'âge et qu'il ne maîtrise plus son instrument comme autrefois, il n'en reste pas moins qu'il possède toujours son style personnel très aisé qui le fait reconnaître entre mille. Au trombone, mais surtout au mellophone, dont il s'est servi la majeure partie de la soireé, AL GREY, a démontré qu'il restait une des maîtres de ces instruments et un soliste toujours inspiré, ne se débarrassant jamais de son éternelle bonne humeur. La surprise est venue de BILLY MITCHELL,que l'on n'avait rarement vu jouer avec une pareille décontraction, dans des solos remarquables où il était vraiment en pleine possession de ses moyens. Un élément manquait à l'appel, le saxophoniste alto et chanteur Eddie "Cleanhead" Vinson, qui connaissait des problèmes de santé. Pour le remplacer, on a fait appel à un ancien membre du big-band de Basie, RICHARD BOONE, tromboniste, chanteur de yodel à ses heures, qui n'a effectué qu'un court passage vocal, peut-être pas beaucoup apprécié par le public. Mais, tout cela, heureusement, était joyeusement posé sur des rails solides. Avec RED RICHARDS, au piano, auteur d'un superbe solo sur "What a Wonderful World", avec Major "Mule" Holley, qui a rendu un superbe hommage à son maître dans son "Tribute to Slam Stewart", et le toujours fidèle au poste, le batteur Oliver JACKSON, qui a démontré ses qualités - une fois de plus - sur "There will never be another you". Et, il faut bien l'avouer, grâce à ce soutien, l'orchestre ne pouvait mieux sonner. Et ce fut une excellente soirée, qui a réjoui un nombreux public ayant répondu à cet appel de Jazz in Yverdon, prouvant sa fidélité, et désireux de participer à ces soirées qui, à chaque fois, révèlent des noms nouveaux ou affirmés dans ce monde merveilleux qu'est le jazz.

Richards Grey Mitchell Holley Orchestr


Alt Armstrong